Années 80 : les dates clés de l'histoire du Parti Socialiste

Dans les années 80, la question pour le Parti socialiste est son rapport au pouvoir. Un grand nombre des 110 propositions sont réalisées, élu en 1981, François Mitterrand est réélu et le Parti socialiste reste le premier parti de France.

Congrès extraordinaire de Créteil : 24 janvier 1981
François Mitterrand est désigné à l'unanimité comme candidat à l'élection présidentielle. Lionel Jospin devient Premier secrétaire du Parti socialiste. Ratification des 110 propositions du candidat, inspirées du projet socialiste.

Le 10 mai 1981, l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République ouvre une période nouvelle dans l'histoire du socialisme français. C'est la première alternance politique entre la gauche et la droite sous la Ve République. Les élections législatives de juin sont un triomphe pour les socialistes : pour la première fois de son histoire, il obtient la majorité absolue à l'Assemblée nationale et devance nettement le PCF qui enregistre un recul certain. Pierre Mauroy forme un gouvernement auquel participent quatre ministres communistes.

Congrès de Valence : 23 au 25 octobre 1981

Motion unanime présentée par le nouveau Premier secrétaire. Débat autour du rôle du parti dans le changement, ainsi que sur la notion de compromis (compromis entre "le pouvoir économique et le pouvoir socialiste", compromis entre les "forces du changement et les forces de conservation"). L'adoption de cette notion marque le choix d'une transformation graduelle du système économique et de la société française.


Congrès de Bourg en Bresse : 28 au 30 octobre 1983

La motion Jospin obtient 77%, le CERES, 18% et la motion Richard- Lienemann, 5%. Les débats portent sur la politique économique suivie par le gouvernement depuis 1982 et surtout depuis mars 1983 : continuité, inflexion ou rupture par rapport à 1981 et au projet socialiste rédigé en 1980 ? Le CERES se bat pour une "autre politique" alors qu'Alain Richard et ses amis tentent de théoriser le virage de la rigueur ("du bon usage de la rigueur"). Le débat se termine par une synthèse générale et le parti apporte son soutien résolu à la politique du gouvernement de Pierre Mauroy. A la fin du congrès, le Premier ministre annonce les lois sur l'enseignement privé et sur les concentrations dans la presse.

Le PS perd du terrain aux
élections municipales de 1983 et surtout aux élections cantonales de 1985. Aux européennes de 1984, si la baisse est assez limitée, le parti communiste voit son score réduit de moitié. En juillet 1984, Laurent Fabius remplace Pierre Mauroy comme Premier ministre et forme un gouvernement auquel les communistes refusent de participer.


Convention nationale d'Evry : 15 et 16 décembre 1984

Cette convention nationale a pour thème : la "modernisation et le progrès social". Un certain nombre de débats sont ouverts : l'aménagement du temps de travail, le financement de la sécurité sociale… ainsi est avancée l'idée d'asseoir un prélèvement sur tous les revenus pour financer la sécurité sociale.


Congrès de Toulouse : 11 au 13 octobre 1985

La motion Jospin obtient 71,5% des mandats et la motion Rocard 28,5%. Ce congrès débat de la modernisation théorique du parti et de l'évolution de la pratique gouvernementale du PS après 4 ans de gouvernement de la gauche et le départ du parti communiste de ce gouvernement en 1984. La majorité conduite par Lionel Jospin et la minorité conduite par Michel Rocard parviennent à une synthèse. Le parti soutient l'effort mené par la politique de rigueur et de modernisation du gouvernement dirigé par Laurent Fabius. C'est lors de ce congrès qu'est présentée et retenue l'idée d'un revenu minimum garanti.
Le congrès de Toulouse, en 1985, traduit l'évolution idéologique et politique du parti en particulier vers la
culture de gouvernement. Jacques Delors parle d'« un petit Bad Godesberg » en référence au Congrès du SPD de 1959.

Les socialistes perdent les
élections législatives de 1986 mais obtiennent un score honorable : 31,2 % (contre 22,8 % en 1978). François Mitterrand demeure président de la République et nomme Jacques Chirac à la tête du gouvernement. De 1986 à 1988 c'est la première « cohabitation ». Le Parti socialiste est dans l'opposition, amis elle a un Président qui a décidé de ne pas rester "inerte".


Congrès de Lille : 3 au 5 avril 1987

Motion unanime rassemblant tous les courants. Le parti rejette toute idée de dérive centriste. Les anciens premiers ministres, Laurent Fabius, Pierre Mauroy, et les anciens ministres Pierre Bérégovoy, Jack Lang, Edith Cresson, Henri Emmanuelli ainsi que Louis Mermaz reviennent au secrétariat national. L'idée d'un crédit-formation, offrant une deuxième chance aux exclus du système scolaire, figure dans la motion finale.


Convention nationale de Paris : 16 et 17 janvier 1988

Adoption du texte intitulé "Propositions des socialistes" pour l'élection présidentielle qui recueille 90 % des suffrages ; après de longs débats sur l'opportunité de dissoudre l'Assemblée nationale en cas de victoire du candidat de la gauche à la présidence de la République, il est décidé d'en laisser l'appréciation à celui-ci.

En mai
1988, François Mitterrand est largement réélu avec 54 % des voix. Le candidat socialiste, qui a fait campagne sur le thème de la « France unie », se prononce pour une certaine ouverture de la majorité. Ilo dissout l'Assemblée Nantionale, et les élections législatives donnent une majorité relative au PS. Michel Rocard est nommé Premier ministre. En intégrant des personnalités dites d'ouverture, issues de la « société civile » et du centre, son gouvernement reflète la réalité de la majorité présidentielle, mais le PS est le seul grand parti à le soutenir. Dans le parti, le départ de Lionel Jospin du premier secrétariat provoque les premières tensions au sein du courant majoritaire mitterrandiste. Pierre Mauroy est élu premier secrétaire contre Laurent Fabius.

lire : Années 70, les dates clés du Parti socialiste
lire : Années 90, les dates clés du Parti socialiste

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