Partager l'article ! Tour de France du Projet, l'étape de Rennes du 2 décembre: Extraits du discours de Martine Aubry (lire ici le discours complet) & ...
Nos compatriotes veulent des solutions concrètes et immédiates à leurs problèmes.
Mais ils s’inquiètent aussi pour l’avenir de leur pays, pour celui de leurs enfants.
Ils attendent de nous une vision de la société, un projet, une perspective de progrès. Ils demandent : si vous revenez au pouvoir en 2012, que ferez-vous ? Où voulez-vous conduire notre pays ?
Je ne vais pas là bien sûr vous décliner le projet des socialistes pour 2012. Ce projet est en chantier et nous avançons fortement. Ce tour de France nous a conforté dans nos certitudes.
La première certitude est que l’heure n’est plus à proposer quelques adaptations au système actuel, il faut en changer . La crise est globale, la réponse doit être globale.
Deuxième certitude, il est temps de renoncer à nos
renoncements . La sociale démocratie traditionnelle a accouché d’un système de protection sociale qui est une référence dans le monde. Mais elle n’a pas su répondre aux enjeux de
notre temps. Il nous faut en effet réinventer les réponses aux défis de la mondialisation, des chocs démographiques, écologiques et technologiques.
Oui, c’est une nouvelle donne que nous devrons proposer.
- Une nouvelle donne économique et durable d’abord, en s’appuyant sur un Etat stratège qui régule puissamment l’économie, en oriente le cours et corrige les excès du marché ; un Etat stratège qui soutient la recherche et prépare l’avenir.
L’Etat devra donner au moins trois directions à l’économie de notre pays : conduire la mutation écologique de notre industrie, la révolution numérique de nos services et la transformation biologique et raisonnée de notre agriculture. Ce sont les révolutions industrielles du XXI° siècle.
A nous de nous y engager pleinement. En n’oubliant jamais que le génie français, c’est de réussir le mariage entre l’innovation et la solidarité. Le TGV et le RER, l’internet à haut débit et le prix unique du timbre, le Génopole, et les centres de santé de proximité.
Il ne s’agit pas de renoncer au progrès, à la science, à la technologie. Il s’agit de leur assigner une direction : le développement humain dans le respect de la planète.
Pour cela, soutenons la recherche aujourd’hui oubliée ; les créateurs, les innovateurs, les ingénieurs aujourd’hui supplantés par les financiers dans les entreprises ; les PME aujourd’hui étranglées par les banquiers.
- Nous voulons aussi une nouvelle donne sociale fondée sur un autre partage des richesses, sur une fiscalité profondément redistributive et une revalorisation du travail .
À la crise du chômage, s’ajoutent aujourd’hui une profonde crise du travail, un travail mal rémunéré et précarisé ainsi que des conditions de travail difficiles. La souffrance et le stress au travail, les maladies professionnelles, les harcèlements, les métiers pénibles et les rythmes absurdes se développent. N’oublions pas les suicides au travail, et je sais que la Bretagne à Lannion n’a pas été épargnée par ceux de France Telecom.
Oui, il faut revaloriser le travail, non pas par des slogans du type « travailler plus pour gagner
plus » , mais en retrouvant le chemin de l’emploi, de la juste rémunération du travail, de la reconnaissance des compétences des salariés. Il nous faut mettre en place de nouveaux
droits adaptés à un monde où il faudra pouvoir changer d’entreprise et sans doute de métier, de nouveaux droits pour protéger contre les changements nécessaires, mais aussi pour progresser
professionnellement. C’est ce que nous appelons la sécurité sociale professionnelle tout au long de la vie.
C’est par cette réelle revalorisation du travail que passe aussi l’émancipation de chaque homme et chaque femme.
Elle s’adresse bien sûr aux salariés, mais aussi aux travailleurs indépendants, artisans, commerçants, créateurs de TPE ou de PME, et au monde des nouveaux métiers des services ou des
technologies, qui font tous la richesse de notre pays. Renouer le fil avec et entre tous ces hommes et toutes ces femmes qui font la force de
notre économie et la richesse de notre pays, c’est l’un des enjeux majeurs pour la France, auquel le socialisme du XXI° siècle doit répondre .
Cette nouvelle donne sociale doit permettre l’émancipation réelle de chacun et le développement de chaque territoire. Pour ce faire, il nous faut des services publics forts, mais aussi profondément rénovés .
En effet, il faut le dire, la gauche a souvent privilégié des réponses uniformes. Il nous faut aujourd’hui garder
ces protections collectives que la droite veut mettre à bas, mais les adapter aux aspirations individuelles, aux difficultés et aux atouts de chacun.
Il convient en effet de personnaliser les réponses : par exemple en accompagnant chaque personne âgée, en
tenant compte de ses aspirations, de sa situation de santé et de ses moyens financiers pour qu’elle prenne toute sa place dans la société, qu’elle réalise ses projets. Nous devons aussi apporter
à chaque enfant les soutiens, les méthodes pédagogiques et les rythmes scolaires dont il a besoin. Ceci nécessite, et nous le préparons, un nouveau pacte éducatif, en redonnant leur fierté et
leur place aux enseignants.
Ceci nécessite aussi de donner à chaque jeune une allocation d’autonomie pour se former, se loger et construire sa vie, quelle que soit la situation de ses parents. C’est ainsi que nous permettrons à cette jeune fille de la Seyne-sur-Mer, qui nous a tous émus, de construire sa vie.
- nouvelle donne
démocratique face à un président autocratique qui veut décider de tout et mettre tous les pouvoirs sous sa coupe. Il nous faudra en 2012, construire une 6ème république
fondée sur un régime parlementaire fort, des contre-pouvoirs restaurés, une presse et une justice indépendante, une vraie décentralisation, une démocratie sociale renouvelée ainsi que de
nouvelles formes de participation des citoyens à la vie publique.
- Nouvelle donne internationale enfin : une France respectée dans les enceintes internationales, pour son indépendance, pour ses valeurs. Une France fer de lance d’une Europe politique, économique et sociale-écologique, porteuse d’un message universel vers le monde, un nouveau monde solidaire avec le Sud.
*
Ce nouveau projet pour la France, vous l’avez compris, s’appuie profondément sur les valeurs de notre
identité.
Il redonne du sens à une société qui l’a perdue sous les coups de butoir du libéralisme financier et de ceux qui
le soutiennent.
Redonner du sens, c’est faire à nouveau rimer liberté et égalité, sachant que sans droits réels d’accès à l’éducation, au logement, à la santé, à l’emploi, on n’est pas libre de construire sa vie.
Redonner du sens, c’est faire aussi des individus, des citoyens respectueux des règles et respectueux des autres.
Pas plus qu’aujourd’hui, la droite ne peut nous donner des leçons en matière économique ou de gestion tant son
échec est grand, elle ne pourra non plus nous donner à l’avenir de leçons sur la sécurité. Quand, par idéologie, on supprime des effectifs dans la justice et la police, quand on supprime la
police de proximité, quand on ne s’attaque pas aux causes profondes qui engendrent la violence, et bien l’échec est patent.
Mais donner du sens, c’est aussi demander aux Français -et ils l’attendent, ils nous l’ont dit-, de nous aider à
former une société plus solidaire et plus fraternelle.
Il nous faut construire des nouveaux liens entre les personnes, des solidarités concrètes et collectives. Il nous
faut retrouver le souci de l’autre : tendre la main à un enfant qui dérape, lutter contre l’isolement des plus âgés ou des plus exclus, avoir un autre regard sur ceux qui sont
différents…
Cette société là, j’en suis convaincue, correspond à la France qu’on aime.
Le bonheur d’une société ne se résume pas à l’accumulation de biens matériels, même si chacun doit pouvoir
bénéficier de l’essentiel pour vivre.
Le bonheur, c’est de ne pas être obligé de travailler le dimanche : on a six jours pour avoir, pour acheter,
nous voulons garder un jour pour être, c’est-à-dire du temps pour soi, pour sa famille, pour les autres.
Le bonheur c’est de vivre dans une société apaisée parce que juste, et donnant sa chance à chacun.
Le bonheur, c’est de nouer autour de soi des relations amicales et affectives.
Le bonheur, c’est aussi de partager les grandes émotions que nous apporte la culture.
Dans le fond, ce que nous voulons, c’est une société qui prend soin de chacun, où chacun prend soin des
autres, et où ensemble nous prenons soin de l’avenir.
C’est cela la France qu’on aime. Nous la ferons avec vous.
C’est cela le message de Rennes.
Martine AUBRY, Rennes, le 2 décembre 2010
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PY
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Annick Le Galliot, Déléguée
pour le 8e canton
Martin
Takoudju, Trésorier
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