Vendredi 23 octobre 2009
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Yann Benmeziane ne venait plus souvent à nos réunions depuis
une bonne année … il était atteint de B.P.C.O. (Broncopathie chronique obstuctive) 4eme maladie mortelle en France, qui l’affaiblissait souvent … puis au cours d’un des examens réguliers auxquels
il était astreint, le médecin a découvert un cancer du poumon. C’était en juin de cette année. Le mal oeuvrant sur un terrain déjà malade ne s’est pas arrêté, Yann nous a quitté mercredi dernier,
il avait 74 ans. Beaucoup d’entre nous le connaissaient.

Vieux militant du P.S., section nord pendant plusieurs années, puis
section est, il était très actif tant au cours des campagnes que dans les réunions et autres A.G.. Sa verve et son allant pour convaincre lors des portes à portes faisaient l’admiration de ceux
qui l’accompagnaient. Ses convictions étaient profondes, ses idées étaient parfois arrêtées, parfois trop car il était entier ! Cependant elles étaient étayées par une expérience acquise au cours d’une vie peu commune. La République, la laïcité, la justice, l’intégrité étaient parmi ses grandes valeurs, c’était
aussi un homme très généreux pour qui la solidarité avait un vrai sens.
Yahia Benméziane (Yahia était son prénom d’état civil) est né en Algérie en 1935, en Kabylie, dans une famille modeste, il fut le premier de son bourg à obtenir le brevet, et devint ensuite instituteur public en 1956, alors que l’Algérie, c’était encore
la France ( !). Il vécu la guerre d’Algérie comme instituteur public et en 1962 décida de rester dans ce pays qui était le sien. Il participa alors à la grande aventure de la construction
d’un nouvel Etat, d’un nouvel ordre. Las, 10 ans plus tard, déçu par la politique menée et par le comportement des politiciens, il revient en France
ou il avait déjà vécu également et se fixe dans la région nantaise. Il s’était marié avec un bretonne partie découvrir l’Algérie et avait deux enfants, Sami et Sonia. S’étant spécialisé dans les
techniques audiovisuelles des le milieu des années 60, il devint alors conseiller de ceux qui dans l’enseignement ou dans les structures territoriales commençaient à avoir besoin de ces
techniques de communication.
Il symbolisait le parcours de ceux qui, nés dans une Algérie encore peu développée et colonialisée, ont traversé des périodes troubles, se sont adaptés, ont toujours tendu vers une nouvelle
modernité individuelle et collective, ont défendu leurs idées, et ont progressivement muté, pour
intégrer une autre civilisation que celle de leurs ancêtres, le tout dans le condensé d’une seule génération. Les avatars de ceux qui ne restent pas dans le rang l’ont toujours touché, et sa
pension de retraité était amputée par l’administration algérienne de ses 14 années d’enseignant dans son pays !
Il n’était plus croyant depuis longtemps et avait la dent très dure pour tous les mollahs et autres religieux qui représentaient à ses yeux l’obscurantisme absolu, sans parler des islamistes
qu’il considérait comme des barbares.
Nous garderons le souvenir d’un homme qui s’est toujours voulu libre dans ses pensées et dans ses actes, pour cela il restera dans la mémoire et le cœur de ceux qui l’ont
apprécié et de ceux qui l’ont aimé.
Kenavo Yann.
Par Jean Allain
Post-scriptum.
Les obsèques civiles ont lieu
Samedi 24 octobre à 10h 30
au cimetière Saint-Martin nouveau,
59 ter rue des pavillons à Nantes (Chantenay).
crédit photo : judepics
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