Michel Jolion préside le comité de suivi de la réforme des masters. Dans ce
cadre, Valérie Pécresse lui avait commandé il y a un an un rapport sur la « masterisation » de la formation initiale des enseignants. Son successeur, Laurent Wauquiez, ne sera pas déçu du
document qui lui a été remis et qui dresse un réquisitoire implacable contre cette réforme destructrice.
Même le très officiel site
www.vie-publique.fr ne peut faire autrement que de citer le rapporteur qui considère que «
la qualification professionnelle des futurs professeurs, objectif
affiché de la reforme, est le parent pauvre de la masterisation. En cause notamment, le contenu et la place des concours de recrutement de l’éducation nationale. D’une part, les contenus
de ces concours "ne tiennent absolument pas compte de l’articulation nécessaire avec le diplôme de master, et plus grave encore, ils sont perçus par les étudiants comme complètement déconnectés
de l’exercice réel du métier d’enseignant". Le stage accompli lors du master est de fait lié aux objectifs de la formation (le master et le métier), mais en rien au concours. D’autre part,
l’organisation actuel du concours désorganise l’année universitaire et empêche les étudiants de se consacrer pleinement à l’ensemble de leurs contraintes (concours, diplôme, etc.). »
Mettre les enseignants devant la classe sans les former à leur métier était une idée folle. Tout le monde avait crié au casse-cou. L’instance officielle chargée de
suivre la réforme le confirme. Il va maintenant falloir changer de cap et revenir sur cette réforme.
L’essentiel sera en 2012 de rétablir une relation de confiance entre les étudiants et l’éducation nationale pour rendre au métier d’enseignant son attractivité. Comme l’a
souligné François Hollande le principal obstacle au recrutement de 60000 personnels éducatifs dont une grande majorité d’enseignants ne sera pas financier mais humain : il faudra trouver
suffisamment de candidat(e)s. Les
inscrits
aux concours externes du second degré étaient 115800 en 2007, ils ne sont plus que 69350 pour la session 2012 !
Les jeunes aiment le métier d’enseignant, ils demandent juste à
pouvoir l’apprendre pour mieux l’exercer. A nous de leur répondre.
C'est "Jean-Michel" Jolion.
Même but que sur la source du texte :)