Partager l'article ! HONDURAS : LA FIN DES "DEMOCRADURAS" OU LE RETOUR A LA CASE DU DEPART ?: De nos jours concevoir l’Amérique latine comme un tout, impliquerait ...
De nos jours concevoir l’Amérique latine comme un tout, impliquerait -d’une certaine manière - d’englober plusieurs réalités diamétralement différentes entre elles par leur histoire,
leur culture et les identités propres de chacun des Pays ou nationalités.
Au début, imaginer cela paraissait insensé car on ne voyait pas trop de ressemblances, malgré la culture, la langue et la religion communes. Et puis on commençait à voir les choses que
sous un seul prisme : l’aspect économique et l’intégration au niveau global.

Or, les événements du Honduras ébranlent ces certitudes au point que l’on commence à nouveau réfléchir sur la question et surtout à constater la fragilité de nos institutions démocratiques
que l’on croyaitdepuis une vingtaine d'années de plus en plus solides, ou plutôt on voulaient croire à leurs solidité.
On sait très bien que partout où l'action de classe est vigoureuse et autonome, partout où le conflit entre les classes sociales occupe une place centrale, la société se transforme par l'effet de
ce conflit sur les institutions politiques et sur l'organisation sociale.
Et que partout, au contraire, où les classes populaires sont faibles et où sont fortes les contradictions de l'ordre social dominant, la rupture révolutionnaire remplace la lutte sociale et la
transformation de l'État se substitue aux reformes.
Le premier exemple correspondrait aux processus réformateurs et dynamiques qui se sont mis en marche au Venezuela, en Bolivie, en Équateur et au Paraguay qui sont en train de développer et
revendiquer des processus complexes de refondation nationale « pan amérindienne » ; alors que le deuxième cas correspondrait davantage au reste des pays de l’Amérique latine qui sont toujours
sous l’emprise de la « democradura » ( "démocratie dure" - démocratie hypothéquée par l’ancien régime militaire) Ce qui se passe à l’heure actuelle au Honduras corrobore cette malheureuse
hypothèse.
D’où ce besoin urgent de rétablir très rapidement l’ordre dans ce pays. Car, si ce coup d’Etat s’impose, malgré la condamnation de la communauté démocratique internationale, il laissera un
précédent et la porte ouverte à d’autres aventures putschistes dans la région.
Cela prouve hélas la fragilité du modèle néolibéral imposé dès 1990 par le consensus de Washington très fortement ancré dans la plupart des États qui ont caressé l’illusion d’être intégrés
directement dans l’économie mondiale et par conséquent plus proche, culturellement parlant, de l’Europe occidentale ; plutôt que d’être assimilés à un sous continent souvent considéré par
ces derniers comme une sorte de faubourg infréquentable.
Je pense en particulier au Brésil, l’Argentine et le Chili qui sont les premiers à s’inquiéter de la suite des événements au Honduras. Ce n’est pas par hasard que Madame Cristina Fernandez de
Kirchner se propose d’accompagner le Président Zelaya ce week end prochain tout comme le secrétaire général de l’OEA, le chilien José Miguel Insulza afin de trouver une issue rapide et efficace à
ce conflit qui n’aurait dû jamais arriver. Car, ils savent très bien que malgré toutes les avancées économiques, la classe dominante reste nostalgique de l’ancien régime et fixe pour ainsi dire
les limites à ne pas dépasser dans cette pseudo démocratie.
Le spectre putschiste hante toujours cette partie de la planète.
C’est pour cela que nous les démocrates de gauche du continent sommes très conscients que ce week end s’annonce historique. Car c’est un peu la politique du « ça passe ou ça casse », ou du «
quitte ou double ». Soit avec la défaite des putschistes on peut envisager un avenir prometteur au modèle sociale démocrate à la « latino-américaine », cette troisième voie conçue dès 1957 par le
Président Brésilien d’alors, Juscelino Kubichek, qu’il appelait « la révolution démocratico-bourgeoise » et par conséquent la fin de « democraduras » ; soit au contraire l’antithèse violente et
le retour à la case du départ dont la synthèse serait malheureusement la lutte de classe dans son état le plus brutal et le plus violent et le rêve de la démocratie sociale et participative se
verrait à nouveau éclater en mille morceaux.
A suivre avec attention.
Hugo Allendes Castro
le 3 juillet 2009
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