Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /Fév /2009 07:00

En lisant l'hebdo du 14/2/9, on voit que l'argumentaire sur le sujet de la mobilisation des enseignants chercheurs est bien nourri. Nous reprenons, avec un an et demi de retard ce qui se jouait tout de suite après les présidentielles. Pour comprendre les enjeux, il faut bien sûr revenir à la loi LRU du 10 août 2007. Rappelons nous, si "besoin en était", que le programme des socialistes pour la présidentielle sur l'enseignement supérieur et la recherche était peu étoffé. Et que la candidate avait élaboré une ligne politique sans pouvoir s'appuyer sur un projet de son parti. Ligne qui avait été exposée pour la première fois lors d'une intervention à Strasbourg le 23/2/2007. En PJ ce discours, pour mémoire.

Revenons à la LRU. Un coup d'oeil aux débats de l'époque (
http://www.assemblee-nationale.fr/13/cra/2006-2007-extra/030.asp#p244_69844) montre que le PS n'était guère convaincu par le projet de loi.  P. Cohen concluait  ainsi les débats de l'assemblée nationale : " Cette loi n’est qu’une posture électorale (Huées sur les bancs du groupe UMP). Les universités méritent mieux, et leur avenir, hélas, s’annonce désastreux. J’espère que vous nous présenterez bientôt une véritable loi et de véritables moyens. En attendant, le groupe socialiste votera contre le présent projet" . Il n'avait pas tort sur le diagnostic. Personne ne croyait que cette loi, éminemment politique, dans un contexte où la marchandisation des savoir aiguise tous les appétits, serait maintenue en l'état. V. Pécresse n'avait qu'à dérouler le tapis, en s'appuyant sur une partie des universitaires, bien décidés à renoncer aux principes universitaires fondés par la République pour espérer sauver leur université de l'étranglement.



Le mouvement "Sauvons la recherche", puis les syndicats (notamment la FSU) avait tiré la sonnette d'alarme depuis longtemps et les manifestations d'opposition à la LRU ont été nombreuses. Nous aurions pu y être plus présents et contribuer à donner un sens politique. C'était un combat majeur de s'opposer à cette loi de démantèlement du service public de l'enseignement supérieur. Je me souviens de cette réunion à la maison des syndicats du 31 mai 2007, en présence de Jean-Marc Ayrault. J'y étais intervenu en disant que le combat de résistance reposait sur nos députés. J'avais souligné l'enjeu de la LRU qui tombait un mois plus tard. Ce n'était pas une loi en attendant mieux, mais un  vrai projet de démantèlement.



Le projet de statut des enseignants chercheurs qui est sur la sellette, en est un prolongement logique. dans le droit fil de la politique voyou de N. Sarkozy,

- Il prend appui sur une préoccupation bien réelle de faire évoluer les métiers pour répondre aux nouveaux défis de la connaissance. (Rapports Belloc, Espéret, Schwartz...)

- Il crée les outils démagogiques nécessaires  à un approbation minimale par une fraction bien choisie de la population

- Il active tous les leviers division des uns contre les autres pour tenter de démanteler une opposition structurée

- Il fait fait élaborer  un projet qui préparer durablement la mise sur le marché de ces denrées à haute valeur ajoutée que sont l'enseignement et de la recherche

Sous cet éclairage, la mobilisation que nous connaissons doit être appuyée et prolongée par une action et un projet politique alternatif.  Si son report ne constitue pas une fin de mobile pour le mouvement engagé, c'est bien que les enjeux vont au-delà. Un échange sur différentes facettes de ces enjeux pourrait être à l'initiative des sections. Mais il est nécessaire que cela s'inscrive dans une volonté nationale d'élaborer un projet socialiste pour l'enseignement supérieur et la recherche. Ce doit même être un préalable, faute de quoi, nous n'intéresserons personne, même pas nous même. Les débats ont certes le mérite d'expliquer quelques uns des enjeux. Il faut aller plus loin.

Pierre Chambon

lire l'article du blog "une grève pas comme les autres"
 lire le discours de la présidentielle sur l'ESR


Par Section Nantes Est Parti Socialiste - Publié dans : points de vue
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