Mercredi 18 février 2009
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La
grève universitaire actuelle diffère fortement des précédents mouvements. Pour essayer de comprendre cette singularité, j'ai repris des éléments d'un article publié par le blog des socialistes de Sciences Po.
Il se trouve que la grève, cette fois-ci, a été lancée par les professeurs, le 2 février.
Et s’il y a bien une surprise, elle est là. En 2007, lors du mouvement contre la loi LRU (loi relative aux libertés et responsabilités des universités), les enseignants chercheurs avaient
refusé majoritairement de se joindre au mouvement étudiant. Dans leur histoire, ces enseignants n’ont fait grève que deux fois : une fois en 1968, en solidarité avec le mouvement étudiant, et
aujourd’hui, pour la première fois de leur propre initiative.
La grève des enseignants a été déclenchée par une proposition de la ministre de l’éducation, Valérie Pécresse. Elle souhaiterait instaurer la « modulation des heures »
d’enseignement, ce qui veut dire adapter les heures de cours en fonction des recherches des professeurs et de leurs succès. Elle veut en fait mettre en place une évaluation
des professeurs en fonction de critères de résultat tels que le nombre de publications d’articles dans des revues par exemple. L’évaluation des professeurs existe déjà : ils sont
régulièrement évalués par leurs pairs lors d’oraux, la ministre estime sans intérêt cette évaluation. Au-delà du mépris que ce projet révèle, il est clair que le seul but est
d'augmenter les heures de cours par enseignant, ce qui risque d'être dévastateur pour la qualité de la recherche comme celle de l’enseignement universitaire.
Les enseignants protestent aussi contre le fait que les présidents d’université ont désormais le contrôle sur les primes et promotions des enseignants de leur établissement.
Ce contrôle local semble à beaucoup arbitraire et inégalitaire.
Les enseignants et étudiants manifestent également contre la « masterisation » du concours, autre terme barbare qui signifie que les étudiants aspirant à devenir professeurs
devront suivre un master spécialisé dans la formation des enseignants. Les opposants au projet invoquent l’argument des connaissances : les professeurs doivent d’abord bien connaître leur
sujet avant d’apprendre la pédagogie et le fonctionnement concret de l’enseignement. L’apprentissage du métier ne doit pas se faire au détriment de la culture du corps professoral.
La nouvelle réforme de Mme Pécresse s’inscrit dans la continuité de la loi d’autonomie des universités de 2007 qui a été combattue par les étudiants sans réactions à l'époque des enseignants.
Alors que le pays a besoin d'une recherche forte, le projet de Loi constitue un recul évident.
Demain un article de Pierre Chambon qui prolonge la discussion.
PYL
Lire les Motions votées par la Coordination Nationale du 11 février 2009 (à
Paris VIII)
lire l'article de Christophe Clergeau intitulé : a ceux qui ne comprennent pas la
greve des universitaires
lire l'article complet du blog de Sciences Po
Par Section Nantes Est Parti Socialiste
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